Les Rabbins de Constantine
L'Algérie a connu de très grands rabbins. Les persécutions, l'exil des années 1960 avec la non publication de nombreux ouvrages mais surtout leur humilité ont fait qu'ils sont moins connus du grand public juif de nos jours. Nous souhaitons participer à leur connaissance et notamment aux quelques ouvrages profonds qu'ils nous ont laissé.
Constantine était une ville d'érudits. Les juifs les plus érudits y étudiaient la Kabbalah et il y a des témoignages de rabbins passant dans la région disant que les jeunes enfants étudiaient déjà la Guemara. En effet, le centre de la vie juive était plus concentré à Alger, Oran et Tlemcen à l'ouest, Tunis à l'est, et les rabbins et émissaires passaient d'est en ouest en faisant étape à Constantine qui était donc tout autant un lieu discret que le centre spirituel de l'Afrique du Nord. Tout comme le reste du Judaïsme séfarade, les rabbins utilisaient l'approche de la Kabbalah pour éclairer les textes sacrés comme la Guemara.
Nous présenterons ici une liste non ehaustive des rabbanim de Constantine et sa région (comme Bône notamment), avec quelques informations, quelques détails succincts, quelques livres, quelques faits, en toute humilité, et avec l'aide de Dieu, nous continuerons d'éditer cette page avec le temps.
Beaucoup de livres sont disponibles, parfois en français, à la librairie Sefarade de Jerusalem ("HaSifria haSfaradit", rue Rehovot Ha-Bocharim 4, Jerusalem), librairie et projet extraordinaire du Rav Meir Abitbol aussi accessible depuis internet à l'adresse suivante : http://www.wslibrary.net/sifria/fr/12-livres.
Il est bon de noter que le titre de "Sidi" désignait un très grand Rabbin à l'époque. Les titres de Rav, Rab, Rabbin, Rabbi, Ribbi (ou Rebbe chez les achkénazes) ou encore Rabbénou correspondent à la même chose.
Ribbi Mess'oud Zerbib "El 'Hassid" (1655-1717)

Ce grand mékoubal est connu pour sa grande oeuvre, "Zerah Emet" (semence de vérité) après avoir perdu ses 14 enfants, commentaire sur la Paracha avec la connaissance en profondeur des écrits kabbalistiques et du Ari Zal.
Quelques livres :
Ribbi Khalfa Guedj (1785-1886)

Grand érudit et kabbaliste né à Constantine puis a fini sa vie en Israël, à Yerouchalayim et la Yechiva de mékoubalim "Beit El".
Quelques livres :
- Kegan HaYarak, commentaire à caractère kabalistique sur les Tikounei HaZohar
- Kegan Rava, commentaire sur le Rambam
- Kegan 'Adanim, commentaire sur le Shass
- Aussi en écriture manuscrite : Kegan Ratouv, Ma'ayane Ganim.
Ribbi Abraham Halimi "Sidi Baha" (1830-1890)

Erudit de famille d'érudits et père de Sidi Fredj, il nous a laissé beaucoup de livres disponibles notamment traduits en français qui nous permettent de connaître la grandeur ce très humble rabbin.
Quelques livres :
- Maskil Leeitan, commentaire sur les Tehilim
- Vayougad leAvraham, commentaire sur la Haggada de Pessa'h
- Vehokhia'h Avraham, sur la Torah
- Yemei Avraham, sur la Guemara
- Zekhout Avot, commentaire sur les Pirkei Avot
- Knei Avraham, 'Hidouchei Torah
Ribbi Sidi Fredj Halimi (1876-1957)

Fils de Sidi Baha, son visage est l'icône des rabbins de Constantine. Issu d'une famille pauvre et érudite, il devient grand rabbin de Constantine dès l'âge de 24 ans. Il était connu comme le berger spirituel des Juifs de Constantine et était très aimé de tous. Il était renommé pour ses drachot pour le grand public.
Quelques livres :
- Lo Amout Ki ehyeh, commentaire sur la Haggada de Pessa'h.
Ribbi Yossef Renassia (1879-1962)

Grand Rabbin de Constantine, il a traduit en judéo arabe de nombreux ouvrages, la Mishna, le Sefer Mishneh, les essais du Rif sur le Talmud, rédigé des dictionnaires, cumulant ainsi plus de 130 ouvrages.
Rabbin Çion Chekroun (1887-1973)

Il poursuit la tradition des rabbins d'Algérie en cumulant les qualités de mohel, Cho'heth, Sofer, etc. et très impliqué dans les associations caritatives. Egalement mystique avec le rapport d'un manuscri jamais publié sur l'interprétation des rêves. Il a enseigné la Torah pendant 65 ans. Il est inhumé au Mont des Oliviers à Yerouchalayim.
Grand Rabbin Ra'hamim Naouri (1902-1985)

Grand Rabbin de Bône, il était un grand dirigeant de la communauté et aimé de tous notamment via son implication dans la vie communautaire. Durant les années 1950, on lui propose le poste de Grand Rabbin d'Israël qu'il refuse par humilité ainsi que par soutient de la communauté des Juifs d'Algérie en difficulté, mais aussi pour éviter de rentrer dans le jeu politique. Il est enterré à Yerouchalayim. Ses étudiants ont réuni ses écrits dans un ouvrage intitulé "Ra'hamekha Harabim".
Grand Rabbin Emmanuel Chouchena (1928-2008)

Elève du Grand Rabbin Naouri, il poursuit la tradition des rabbins d'Algérie en cumulant les qualités de mohel, Cho'heth, Sofer, etc. Maitre dans tous les domaines de la Torah, aimé de tous notamment par son engagement avec les jeunes.
Grand Rabbin René Yehochoua Guedj, le "GRG" (né en 1935)

Notre GRG, Dieu lui donne une longue vie, qui lui aussi cumule les fonctions rabbiniques selon la tradition des rabbins d'Algérie, qui nous aide dans la publication de ce projet de diffusion des Minhagim. Aimé de tous, très impliqué dans la vie communautaire, Maitre dans tous les domaines de la Torah, descendant d'érudits, il a notamment réalisé des traductions et rédigé des introductions de livres. Son enseignement oral accompagne de nombreux juifs de toute l'Afrique du Nord, petits et grands.
Rabbin Yaakob Guedj

Rabbin aimé de tous, connu pour son aisance dans la langue et sa qualité de 'Hazane hors du commun, le Rab Yaakov Guedj nous a écrit déjà trois livres et nous partage très souvent son savoir et sa finesse via sa chaine YouTube (chaine YouTube du Rav Yaacov Guedj). Ses livres concentrent énormément de secrets de multitudes de sources de tous les niveaux d'interprétation de la Torah cachés sous des voiles d'humour et de poésie. Vous retrouverez notamment beaucoup de ses enregistrements sur notre chaine YouTube : chaine YouTube de Constantine Minhagim.
Quelques livres :
- "La Bible, un autre regard", commentaire sur la Paracha et la Haftara.
- "Le Premier homme, état d'âme", autobiographie d'Adam Harishone
- "Notre Terre, tout un monde", description du parcours de l'âme dans ce monde à la première personne