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Constantine Minhagim
Lettre ouverte aux Juifs d'ADN
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Lettre ouverte aux Juifs d'ADN

31 décembre 2019 • Binyamin Meir Khalifa

Introduction

Le but de ce site est multiple : redécouvrir nos Minhagim et les appliquer, et lister les sources Torahiques et talmudiques de ces Minhagim (sans oublier nos traditions culinaires !). Avec le temps, l'Aliyah, l'avis de décisionnaires récents et de fausses excuses, beaucoup ont une certaine angoisse de continuer ce que faisaient nos parents et grand-parents.

J'ai une fois discute a ce sujet avec quelqu'un responsable d'un organisme qui diffuse la Torah, et j'ai ete très blessé de la tournure des évènements par les propos que ce dernier m'a tenu : j'ai ete accuse d'avoir insulte le Rav Ovadia Yossef Zatsal ainsi que son oeuvre et mes propos ont ete publie sur internet hors contexte.

Ici, sur Constantine Minhagim, nous respectons, admirons tout Rabbin et nous etudions leurs textes. Cela inclut le Gadol Hador, Rav Ovadia Yossef Zatsal, ou le Rabbi de Loubavitch, le Rabbi Na'hman de Breslev et tous les autres ! Seulement, il faut bien comprendre que tout comme les autres groupes de juifs suivent leur minhag, nous aussi nous avons les notres. Et d'ailleurs, chaque grand rabbin soutient cette position (exemple connu du Rabbi de Loubavitch Zatsal qui disait a un juif marocain qu'il etait interdit de changer son minhag). Nous vous recommandons de lire la page sur les differences avec le rite Edot Hamizra'h et les decisions du Rav Ovadia Yossef a ce propos (certains passagent s'entremelent avec le present article) ainsi que la page Histoire des Minhagim et pourquoi les garder.

Juifs d'ADN (Afrique du Nord), que vous soyiez d'origine marocaine, algerienne ou tunisienne, de la meme facon que vous avez plaisir a manger le couscous de votre mere (la cuisine), ou a chanter la Torah sur les airs de votre pere (la 'Hazanout), il faut egalement continuer d'appliquer les minhagim de vos parents (Minhag Halakha). Nous avons d'ailleurs decide de rendre ces trois sujets les piliers du site.

N.B: si quelqu'un a trouve un chemin pour se renforcer en techouva, il est evident qu'il n'est pas toujours facile de s'attacher au minhag familial, surtout si ses parents voire grand-parents n'appliquaient pas le minhag. Ceci fait partie des cas particuliers.

Le Minhag, c'est la Halakha !

Il y a deux types de Minhagim : les habitudes folkloriques, et la Halakha. Oui, Minhag c'est aussi Halakha. Nous prouverons ce point durant la suite de notre expose.

Voici un exemple de discussion classique lorsque je fais quelque chose de different du minhag mizra'hi :

- Moi : "C'est mon minhag".
- Interlocuteur : "Je te dis que c'est interdit ! Regarde, ils l'ont publié sur Internet".
- "Mais cet avis ne rapporte pas d'autres minhagim, juste un seul"
- "Ils prennent de Rav Ovadia Yossef, du Choulhane Aroukh".
- "Et alors ? Mon père et grand-père ne faisaient pas comme ça"
- "Oui mais nos parents et grand-parents ne savaient pas ! Et puis c'est le Choulhane Aroukh"

Nous encourageons d'ailleurs tous les organismes de diffusion de la Torah, lorsqu'ils publient des halakhot sefarades, pour les juifs francais (donc originaires d'ADN), de publier les minhagim d'ADN. J'ai entendu une fois que c'etait difficile a cause de toutes les opinions. Premierement, il n'est pas difficile de rajouter une asterisque ou deux. Deuxiemement, si vraiment c'etait "difficile", il est tres possible de publier une opinion, qu'elle soit marocaine ou algerienne, et ca sera deja beaucoup plus proche, voire identique dans au moins 85% du temps, au minhag du public vise.

Il n'y a pas une Halakha unique. C'est d'ailleurs la beaute du Am Israel, on a tous la meme Torah mais on sert Dieu chacun a sa maniere, avec differents habits, differents plats, differents chants, et differents minhaguei Halakhot.

Comparaison et sources

Maintenant, quelques exemples précis de halakhot pour illustrer mes propos jusqu'à présent très généraux :

  1. Baroukh Hou Baroukh Chémo. Le Rav Ovadia Yossef dit que lorsqu'on veut être inclus dans une brakha, on ne dit pas baroukh hou baroukh chémo. Mais en ADN, on le dit car ce n'est pas considéré comme une coupure. Et dans cet exemple précis, non seulement c'est une obligation de le dire, mais en plus ça suit le Choulhane Aroukh ! (שולחן ערוך או"ח קכד ה'). Voir aussi le Roch (שו"ת הרא"ש כלל ד-יט).
  2. Il y a des familles, notamment au Maroc, qui chantent Hashem Melekh entre la brakha Hamotsi et entre la consommation du pain. Là encore, les gens abandonnent leur minhag de peur qu'ils fassent quelque chose d'incorrect. Pourtant, quel beau minhag, plein de sources kabbalistiques !
  3. Dans un siddour mizra'hi, dans la Amida, on dit, dans le paragraphe de "Ata honen", "hokhma bina vedaat". Mais chez les juifs d'ADN (Afrique Du Nord) on dit "bina déa wehaskel". Comme les ashkénazes !
  4. Dans le birkat hamazone, beaucoup disent par exemple "bone berahamav binyan yeroushalayim" et non pas "bone yeroushalayim".
  5. Chez les constantinois, dans le Nichmat Kol Haï, on dit le mot "Taazine" (écoute) avant "takshiv vétoshia" (prend attention et délivre). On peut retrouver le mot Taazine… dans le siddour du Rav Amram Gaon, 9e siècle, le premier siddour à liturgie complète du monde ! Alors je ne pense pas que le Rav Ovadia Yossef fait mention de ce détail dans ses ouvrages, mais j'écris ceci dans la même idée, gardons nos minhagim, même si on ne sait pas toujours aux premiers abords d'où ils viennent, leur source existe.
  6. Lors de la lecture des 10 commandements, on se lève. Mais le Rav Ovadia Yossef l'interdit car on "donnerait une importance plus grande à une partie de la Torah". Nous on se lève tout simplement pour se souvenir du don de la Torah qu'on a reçue debout (et encore, mon explication est très simpliste).
  7. et encore tellement d'autres exemples : le fait d'interdire de dire le mot "kodesh" à la fin de la bénédiction sur les bougies de Chabbath (lehadlisk ner shel shabbath kodesh), ou le fait de dire la brakha avant l'allumage pour les séfarades et après pour les ashkénazes (les juifs d'ADN allument et ensuite disent la brakha aussi), etc etc.

Voici des extraits du Yalkout Yossef concernant le langage utilisé (interdiction). Je vais me référer à l'édition la plus connue chez les français, celle de Gallia, bilingue.

  1. Brakhot, premier volume, "Se laver les mains avant de consommer un aliment trempé dans un liquide", page 66, premier point : "On doit faire netilat en règle, sans berakha" (et plus loin encore, "on a l'obligation…"). Chez beaucoup de communautés d'ADN, on ne se lave les mains que pour le cèleri (carpass) lors du Seder de Pessah, c'est tout.
  2. Même livre, page 96 (ne pas traiter les aliments avec mépris), point 4 : "il faut faire attention de ne pas lancer le morceau de pain du lehem michné aux convives, même si cela ne le détériore pas, mais de le poser sur la table". On va être d'accord qu'il faut pas le balancer d'un ou plusieurs mètres, mais il y a une coutume ancienne de le lancer, sans tout autant le "balancer avec mépris", et les sources sont anciennes.
  3. Cheerith yossef, premier volume, page 284 (bénédictions du matin) : "notre usage" est de dire "hama-avir… au singulier. Les français prennent ce "notre" comme eux aussi. Mais en ADN, c'est bien au pluriel qu'on prononce ces brakhot.
  4. Chabbath, 5e volume, page 232 (lecture du hallel à Roch Hodesh), second point : "Il est d'usage chez les ashkénazim de dire la bénédiction likro et hahallel. les sefaradim, eux, ont l'habitude de ne pas dire de bénédiction sur le hallel à roch hodech, selon l'avis du Rambam, et ils ne doivent pas changer". Chez la plupart des sefarades d'ADN, non seulement on dit la brakha ligmor et hahalel quand on fait le halel complet, mais on dit la brakha likro et hahalel quand il est court comme à Roch Hodech. Plus loin, dans le point 6, il dit qu'on a l'habitude de doubler tous les psoukim de odekha ki anitani à la fin. Certaines communautés ne doublent pas les psoukim de la fin sauf Hodou Lhashem ki tob.

Etc etc.

Conclusion

Cet article n'est pas la pour créer de dissension, de makhloketh, c'est plutot un plaidoyer pour aider nos frères juifs français séfarades à continuer les minhagim bi millenaires qu'ils ont pratiqué pendant ces 2000 ans, sans qu'on vienne leur dire "c'est faux", et perpétuer la torah de nos mères et de nos pères, une couleur magnifique au drapeau multicolore du peuple d'Israël.

Hashem vous bénisse à tous, amen.

De nos jours, beaucoup de juifs français oublient d'où ils viennent et se font convaincre facilement. Soyons fiers de notre héritage, constantinois, Afrique du Nord, mizra'hi, achkénaze, éthiopien ou peu importe d'où dans le monde. Constantine Minhagim est là pour faire partie de cette mission. Je remercie Hakadoch Baroukh Hou pour m'avoir donné la possibilité d'entamer ce projet. Avec Son aide, nous arriverons à garder la Torah de notre mère, tous les Juifs du monde entier, et nous serons, comme le Ora'h Hayim le dit, tous autour de Dieu, a la meme distance, sur un cercle, equidistants, pointant le centre, et meme si certains pointent a l'envers, tout le monde sert Dieu a sa maniere et a des fondements sur quoi se baser.

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