Prononciation

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À savoir

Voici les principales différences entre la prononciation constantinoise et la prononciation israélienne moderne de l’hébreu :

Pour les lettres :

  • Veth (Beth) : B (B léger)
  • Beth : B (B accentué)
  • Guimel sans daguesh (point) (Rimel) : R français (« maren Abraham » au lieu de « maguen Avraham »)
  • Vav (waw) : W en début et en fin de mot (« wéahabtsha », « ‘hassidaw »)
  • Tsadi (Ssadi) : Ç (un S lourd proche de la langue, proche du « TH » anglais)
  • Resh : R roulé comme en espagnol
  • Tav (Tshaw) : Tsh (avec un « sh » léger), avec ou sans daguesh
  • Mais aussi les plus connues comme Kouf et ‘Heth, lettres gutturales (de la gorge)

Pour les voyelles :

  • Kamats : A fermé (entre le A et le O)
  • Pata’h : A ouvert
  • Tséré : è
  • Ségol : é

Il est évident que cette prononciation n’est a utiliser que dans le cadre de la prière (surtout de la lecture de passages de Tanakh) et que l’accent de l’hébreu moderne est à utiliser lors de conversations pour ne pas paraître comme un marginal.

Pour aller plus loin

Il est vrai que : ca sonne arabe, bizarre ou même honteux, c’est dur de changer, et ça paraît loufoque voire provenant d’une envie incorrecte de revenir dans une sorte de nostalgie du passé.

Cette page -comme tout le projet Constantine Minhagim- a été rédigée après de longues recherches ainsi qu’après beaucoup de questions et de recherches auprès de rabbanim, personnes compétentes, enregistrements, témoignages, etc.

Pour les plus sceptiques, voici quelques “preuves” :

  • Le çadik était prononcé par toutes les communautés non ashkénazes avant l’influence de celles ci.
  • Le Rimel est prononcé par des baalei kore d’Afrique du nord.
  • Les Heth, Ayine et Kouf sont reconnus eux aussi par toutes les communautés juives du monde, même ceux qui ne le prononcent pas.
  • D’autres communautés utilisent des sons comme pour nous : certaines communautés Mizrahi prononcent le Waw ou qu’il soit dans le mot par exemple.
  • Tous nos anciens prononçaient le Veth en Beth et avec l’influence de France ou en Israël des ashkénazes, ont arrêté (idem pour le Waw ou le çadik).
  • Dans les siddourim, on marque à faire attention à ne pas coller deux mots qui ont une lettre commune entre eux, surtout pour le Chema Israël. Les annotations vont aussi pour Essev Bessadekha. Pourtant Essev se finit par un Veth et Bessadekha commence par un Beth. Il est vrai que les deux lettres sont proches, mais si on prononcé Esseb Bessadekha, alors là l’explication coule encore plus de source. Un article de Moshe Lemans (מאמר אמרה צרופה) datant d’environ 1797 d’Amsterdam montre avec fermeté l’opposition à la prononciation ashkénaze de prononcer les Beth comme des Vav.
  • Note : on dit Abraham en langues latines comme pour le français, et Ibrahim en Arabe (notez le Beth et non le Veth), alors qu’en hébreu on dit bizarrement Avraham. Pareil avec Essav (Essaw -> Esaü).
  • Témoignage : une fois, mon grand-père Elie Khalifa Z’’L écrivait à mon oncle (Touvia, Tov) un mot dans un livre. Mon cousin, enfant à l’époque, (le fils de l’oncle en question) était présent et regardait. Mon grand-père commença “Pour Tob” et mon cousin automatiquement se mit à lui dire “mais non pepe c’est Tov, pas Tob”. Et mon grand-père de répondre “Non, on ne dit pas Tov, on dit Tob”.

On peut entendre l’accent correct chez les Rabbanim ou ‘Hazanim dans les enregistrements anciens, comme pour le fameux Adolphe Zerbib. Mais on voit qu’avec le temps et l’influence des Juifs d’autres origines, la prononciation s’estompe avec le temps.

Nous vous invitons à écouter les enregistrements du Rav ainsi que ‘Hazan de renommée, Rav Daniel Khalifa Z’’L dans notre Google Drive. En voici un exemple :

Voici aussi deux témoignages du Grand Rabbin René Guedj :

 

La question : devrait-on revenir à cette prononciation ? Oui.

Il est vrai que c’est parfois impossible, et on ne connaît pas la prononciation des mots telle qu’elle était à l’époque d’Adam Harichone, de Moché Rabbénou ou même de David Hamelekh, mais on doit s’en rapprocher le plus possible, il faudrait donc se concentrer à prononcer l’hébreu de cette manière au moins pour les passages de Torah (Chema Israël surtout, et lecture de la Torah, puis Haftara, Tehilim, etc).

Au début, il est vrai qu’on peut avoir un sentiment bizarre, puis après quelques jours seulement on se met à apprécier cette prononciation et à en être fier.